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14 février 2014

Journal de Jane Steward - Partie 27 - Pour la Saint-Valentin, éternellement.

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Après avoir cherché des informations sur la ville de Mo'alla sur mon portable et avoir découvert que le tombeau d'un grand Prince, chef des Prophètes et grand chef des nomes d'Edfou et d'Hierakonpolis nommé Ânkhtyfy s'y trouvait bel et bien, j'avais rejoint l'avion.

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J'avais hâte de monter à bord et de m'envoler pour l'Egypte : Luxor, la ville qui scellerait mon destin. 

Mon coeur se serra : Aydann. Accepterait-il de renoncer à sa folie ? Me laisserait-il le temps de lui expliquer mon projet ? J'avais tellement hâte de lui faire part de ma découverte, tellement hâte que ma vie change et que ce soit à ses côtés. Je pensais à lui, à notre fils et j'imaginais le meilleur.

La fatigue me saisit soudain et je m'endormis lourdement, bercée par les ronronnements des moteurs de l'avion jusqu'à ce que je me réveille en susaut.

Je sondais mon entourage comme si le surnaturel pouvait y avoir sa place mais j'étais désespérément seule, entourée par des touristes tranquilles qui étaient bien loin de s'imaginer ce qui se passait dans ma tête.

Un jour, si j'arrivais à les convaincre, les vampires ne se cacheraient plus. Ils seraient assis tranquillement dans ce même avion, et pourraient aller n'importe où en ville sans craindre d'y être chassés. Un jour, demain, si j'arrivais à les persuader.

Je fermais les yeux tout en imaginant Aydann, c'était le premier à qui je devais parler : je soupirais. Inconsciemment, je savais que la tâche ne serait pas aisée.

En entendant le commandant de bord nous annoncer notre atterissage imminent, je rassemblais mes affaires presque machinalement, toujours inquiéte.

Qui pouvait savoir de quoi demain serait fait ?

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De la lucarne de l'avion, j'apercevais la ville resplendissante de Luxor parée d'ocre et de rose dans son écrin de verdure et de désert intimement mélés. Le nil luisait sous un chaud soleil et quelques falouques aux voiles gonflées glissaient paresseusement sur son onde. La magie me gagna immédiatement, j'avais hâte de me mêler à la foule, de descendre parmi les soucs, de goûter des dattes gonflées de sucre et de visiter les merveilles de ce lieu.

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Mais avant, j'avais une importante mission à effectuer : trouver Aydann. Je frisonnais malgré la douce chaleur du milieu de journée. 

Je descendais de l'avion, anxieuse, serrant mon sac à dos, recherchant fébrilement la dernière lettre que je m'étais écrite, la carte où figurait le nom de la ville où se trouvait le tombeau d'Ânkhtyfy.

Je sursautais quelqu'un venait de me parler.

"Mademoiselle Jane Steward ?" répétait la voix teintée d'un accent oriental.

Oui. j'étais bien Jane Steward.

Un jeune homme en livrée d'hôtel se tenait devant moi avec un grand sourire commercial.

"Bienvenue, Mademoiselle."commençait-il. Il s'empara avec dextérité de mon unique valise.

"Je me charge de prendre vos affaires, Mademoiselle, comme vous nous l'avez spécifié dans votre mail de réservation."

Béate, je me laissais faire. 

"Et si vous êtes prête, je vous conduis immédiatement à votre voiture. Elle est juste garée là-bas, si vous voulez bien me suivre..."

Je reconnaissais bien là mon sens extrême de l'organisation, j'avais tout prévu. Peut-être pour m'éviter un stress supplémentaire afin de me concentrer exclusivement sur mon objectif : retrouver rapidement Aydann Crosswood et gagner du temps.

Je gardais mon sac à dos tandis que le groom emmenait le reste de mes affaires. J'étais heureuse d'avoir déjà choisie une tenue "tout terrain". Je ne perdrais pas de temps. Les clefs étaient sur la voiture, une carte plus précise de la région était sur le siège avant. 

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J'avais une trentaine de kilomètres à faire avant d'arriver à la tombe, il me fallait suivre scrupuleusement les directives pour ne pas me perdre dans cette région désertique. Rien de plus simple pour la scientifique rigoureuse que j'étais.

La nuit commençait à tomber maintenant sur les collines, un panneau simple m'indiquait que je me trouvais à quelques mètres à peine du tombeau d'Ânkhtyfy. Je laissais ma voiture au bord de la route, et je me décidais à continuer à pied à travers le désert brûlant.

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Tandis que je gravissais la dune ardente mon coeur se serra d'angoisse, et si j'arrivais trop tard !

Je pressais le pas ignorant la fatigue de cette marche forcée sur le sable lourd trop anxieuse. J'arrivais enfin devant la porte du tombeau.

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La porte était inscrutée dans un immense bloc de pierre ornée de hiéroglyphes. J'eus à peine pousser la porte que le mur s'ébranla bruyamment, s'enfonçant verticalement dans le sable pour me céder le passage.

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Un couloir étroit se dessinait devant moi. J'avançais avec prudence à cause du sable qui semblait recouvrir le sol un peu partout. Les tombeaux étaient connus pour recéler des stratagèmes pour éloigner les visiteurs inopportuns, peut-être que ces amas de sable cachaient des pièges ? Je devais être sur mes gardes.

Je ne tardais pas à trouver, collée au mur, une porte grandiose entourée de deux hautes colonnes en pierre surplombée d'un fronton gigantesque, munie de deux larges battants en bois barrés d'une lourde chaîne qui m'empêchait de l'ouvrir.

Sur le côté, j'observais un mécanisme ou il semblait manquer quelque chose comme une clef.

N'ayant pas d'autres recours, je décidais de fouiller la pièce à la recherche d'indices. 

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 Peut-être ce sarcophage contenait-il quelque chose ?

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A part de vieux parchemins, je ne trouvais rien de particulier. 

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Un amas de pierres sur le coté de la pièce attira mon attention, je décidais de déblayer tout cela espérant trouver quelque chose. Par chance, des vieux outils avaient été abandonnés sur place.

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Je dégageais un coffre au lourd couvercle de marbre que je décidais de soulever avec précaution. Le coeur battant, j'espérais y trouver la clef manquante qui me permettrait de continuer l'exploration du tombeau.

Bien que je me fis la remarque que tout cela était bien trop facile, je trouvais au fond du coffre une lourde clef en pierre qui correspondait à l'empreinte creusée située près de la porte fermée par une lourde chaîne. Une aubaine !

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Je décidais de l'appliquer à la porte et de voir ce qui se passait.

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La lourde chaîne qui barrait la porte céda au mécanisme me laissant la voie libre.

J'entrais dans une autre salle.

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Je fus surprise de trouver une pièce fermée dans laquelle se trouvait un unique bassin d'eau chaude. N'ayant aucun autre choix, j'y plongeais sans hésiter. Mes pieds touchèrent le fond rapidement et mes doigts touchèrent deux leviers que j'actionnais sans trop savoir à quoi cela servirait.

En remontant à la surface, je pris conscience qu'une porte s'était ouverte prolongeant mon excursion du tombeau.

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J'aperçus au sol des dizaines de pièges circulaires que le deuxième mécanisme situé dans le bassin avait certainement neutralisé. 

Je remerciais ma bonne étoile car je n'aurais pour rien au monde souhaité savoir à quoi j'avais pu échapper.

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En continuant dans le couloir, je me sentis infiniment fragile aux côtés d'immenses colosses de pierres qui trônait dans la pièce. C'était comme si un chemin s'ouvrait devant moi, comme si quelqu'un était déjà passé par là et avait ouvert un passage car je remarquais au sol que les pièges avaient été désactivés.

Je continuais malgré tout avec une extrême prudence.

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Je fus surprise d'arriver devant un cul de sac où deux immmenses statues à tête de loup et aux corps d'hommes trônaient, me barrant la route ;  leurs bras d'ébéne soutenaient deux immenses vasques embrasées qui dispensaient une lumière chaude et diffuse.

Je distinguais quatre murs mais aucune autre issue, juste un énorme réservoir d'eau au centre.

Décidément ! J'étais à peine remise de ma première baignade que le sort m'en désignait une autre d'office.

Sans hésitation, grimpée sur le rebord du bassin, je plongeais la tête en avant. Si c'était le seul moyen de poursuivre l'exploration de ce tombeau, j'en aurais au moins le coeur net.

Sans aucun repaire, je m'enfonçais vers le bas cherchant en aveugle. Mes mains ne trouvèrent pas de fond cette fois, mais au contraire un boyau étroit que j'empruntais avec appréhension.

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A bout de souffle, j'émergeais dans un autre bassin situé dans une autre salle. La chaleur ardente qui régnait ici me saisit la poitrine. 

Je jetais un coup d'oeil rapide pour chercher par où je pourrais bien passer. Je dicernais au fond de la salle comme la silhouette d'une haute porte qui me pourrait permettre de poursuivre mon périple. 

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Les flammes semblaient sortir du sol et cerner les drôles de statues que j'avais déjà aperçues dans les salles précédentes. Et si...

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Je m'armais de patience pour pousser les colosses un à un pour désactiver les pièges et me frayer un passage. Etrangement, les statues étaient suffisamment légères pour être poussées.

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Ma joie d'avoir franchi un à un les multiples pièges de feu qui se trouvaient cachés au sol tomba rapidement : la porte que j'avais réussi à atteindre était malheureusement fermée.

Je baissais la tête : j'étais mouillée, fatiguée et vidée. Il n'y avait ici aucun mécanisme semblable à la première porte, ni de tas de gravas à dégager, ni de coffre à ouvrir : comment allais-je donc m'y prendre ?

Les yeux fixés au plancher, je me disais que mon exploration s'arrêtait bel et bien là. J'en étais désespérée.

Soudain mon attention fut attirée par une différence de hauteur entre les carreaux du sol comme si quelque chose était caché là sous mes pieds. Anxieuse, je décidais de me tenir dessus pour voir ce qui allait se passer. 

Judicieusement, une plaque de pression cachée s'activa. Mon poid placé dessus en fit apparaître une autre qui disparaissait aussitôt si je décidais de bouger. 

Je m'attelais à déplacer les colosses sur leur emplacement. De nouveau gagnée par un sentiment de victoire.

Ma patience et mes efforts furent récompensés car une troisième plaque de pression apparue dans le sol comme par magie. 

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J'espérais que mon poid suffirait à actionner le mécanisme qui libérerait la porte de la lourde chaîne qui entravait son passage.  

Et j'eus raison. Dans un craquement significatif, la chaîne tomba au sol, et la porte s'ouvrit sur une immense salle.

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Mon coeur se mit à battre très fort. J'apercevais la silhouette d'un homme grand et mince aux cheveux courts noirs, vétu d'habits traditonnels. 

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Il resta immobile pendant que je faisais quelques pas de plus. Des buissons étranges aux baies ardentes agrémentaient une salle grandiose parée de couleurs chaudes et ardentes où trônait un cercueil antique, des sphynx ailés et de hautes colonnes et de grands murs couverts de hiéroglyphes.

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"Jane Steward..." entendis-je prononcer une voix rauque et vibrante que j'aurai reconnue entre mille. "Qui à part vous, oserait troubler mon repos..."

La voix était menaçante. Je frisonnais des pieds à la tête. Je n'étais manifestement pas la bienvenue.

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Mais je m'en moquais. Rien ne m'importait plus que de savoir qu'il était là, vivant, et plus élégant que jamais.

Il avait retrouvé l'allure que je lui avais toujours connu : jeune, grand, charismatique, la silhouette amincie dans une longue djellaba blanche, les cheveux noirs coupés courts.

Il avait sans nul doute trouvé à se nourir car seul le sang humain aurait pu terminer sa transformation jusqu'à le guérir entièrement de la mésaventure qui avait été la sienne. 

Je repensais à cette fois où, envers et contre tout, il s'était précipité malgré le danger qu'il encourait en pleine journée pour aller chercher un docteur afin que j'accouche en sécurité sur notre île. Mon coeur débordait d'amour pour lui et j'avais envie de lui hurler. Au lieu de cela, je tremblais comme une feuille incapable de dire un mot.

Mon coeur battait jusqu'à vouloir se rompre rien qu'à le savoir là, à quelques pas de moi. Comment allais-je lui dire tout ce que je ressentais pour lui ? 

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"Aydann" murmurais-je gémissante "Aydann..."

Je savais qu'il avait entendu ma plainte mais il avait choisi de ne pas y répondre. Il me tournait résolument le dos :

"Nous n'avons plus rien à nous dire, Jane. Allez-vous en."

Je restais immobile, tétanisée par son attitude glacée.

"Aydann" osais-je répéter.

Il parut agacé par mon obstination mais ne bougea pas. 

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"J'ai besoin de vous parler, Aydann. Je vous en prie, regardez-moi." insistais-je 

Le temps fut long avant qu'il ne décide de se retourner et qu'il accepte de venir vers moi. 

Je le trouvais amaigri, les traits tirés, le visage blanc marqué d'une barbe de plusieurs jours, un laisser-aller qui ne lui correspondait pas. Pensait-il vraiment au suicide ? 

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Si il fallait en croire mon message posté par moi-même du futur : oui, irrémédiablement et irréverciblement.

Cette constation sonnait bien avec le ton froid et déterminé qu'il employait et la froideur qu'il avait à mon égard. Je frisonnais : comment pourrais-je le faire changer d'avis ? 

Il planta enfin son regard dans le mien, je reculais : ces yeux étaient deux puits profonds insondables d'où je ne percevais aucun sentiment. La voix était séche et coupante : 

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"Il me semble que vous avez eu votre chance, Jane." commença t'il d'une voix dure. "Vous avez préféré la prendre et voler de vos propres ailes : vous êtes parti, il me semble.  Je dois maintenant faire ce que j'ai à faire ici et c'est sans vous que cela se passe."

Déjà, il pivotait sur ses talons me tournant le dos délibérément.

Mon coeur se serra. Sa dureté me touchait violemment, m'enlevant toute volonté. Je dus me concentrer sur mon objectif pour ne pas céder à la peine qu'il venait de me faire et au renoncement que sa froideur m'obligeait à avoir.

"De quelle chance parlez-vous ?" lui demandais-je presque naïvement.

"Vous avez la mémoire courte en plus, Jane" se moqua t'il sans bouger "Il me semble vous avoir libérée de moi, c'est ce que vous vouliez non ?"

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Je n'arrivais pas à répondre. Ma gorge était nouée. J'avais l'impression que lui et moi, n'avions eu aucun passé commun. En tout cas, c'était ce qu'il me faisait ressentir violemment à travers son impassibilité.

"Non." bégayais-je. "Ce n'est pas ce que je voulais. Enfin. Si, bien sûr... Mais je ne voulais pas que cela finisse comme cela..."

Il ricana.

"Toujours la même chose avec vous Jane. Je, je et je."

Il claqua ses sandales comme pour manifester sa mauvaise humeur puis partit à grand pas vers le cercueil qui lui servait de couche.

Sa dernière phrase sonna comme un coup de glaive :

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"Soyez une bonne fille, Jane. Eteignez la lumière avant de partir..." morda-t'il tout en s'installant lentement sur le cercueil de marbre noir.

Je restais la bouche ouverte, médusée par son attitude froide et cruelle. Nul doute, il mettait un terme à notre conversation et d'une manière impitoyable.

Je restais un instant sans rien dire : hésitante, meurtrie dans ma chair et au plus profond de mon coeur. 

Je n'avais pas fait tous ses kilomètres pour me faire rejeter ainsi !

Je m'avançais vers lui, les yeux fronçés et déterminés.

"Vous n'avez pas le droit de me traiter ainsi" fis-je soudain. "Même si vous semblez vouloir le nier, nous avons eu un fils vous et moi. Que comptez-vous faire pour lui ?"

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Il resta allongé impassible, les yeux résolument fermés. 

"Je compte sur vous, Jane. Vous êtes une femme pleine de ressources. Je suis sûr que vous arriverez à l'élever seule. Je crois d'ailleurs que vous n'avez jamais su vivre avec quelqu'un n'est-ce-pas ? Enfin, pour autant que ma mémoire s'en souvienne, ce n'est pas votre fort."

Je tempestais tandis qu'il restait impassible :

"Ce n'est pas vrai !" tentais-je en m'agaçant mais ma colère retomba vite, je n'avais aucun souvenir de vie à deux à partager.

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Je restais un moment silencieuse tandis qu'il restait immobile.

"Mais nous avons eu des bons moments vous et moi" commençais-je soudain en repensant au temps passé sur l'île. "Nous pourrions réessayer..."

Il éclata de rire tout se redressant d'un bond.

Puis il me pointait du doigt comme pour appuyer sa phrase.

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"Vous avez eu des bons moments avec votre créature, Jane. Comme j'en ai eu quand vous êtiez la mienne. Je ne sais pas pourquoi vous vous obstinez, tout cela est bel et bien fini. Je vous ai déjà fait des propositions quant aux possibilités que nous pouvions avoir vous et moi pour le futur, vous les avez refusez, il me semble."

Je m'agaçais faisant les quatre cent pas à ses côtés. 

"J'ai l'impression de vivre une histoire de fou." marmonnais-je.

Je lui fis de nouveau face :

"Je n'ai rien refusé du tout, je vous ai laissé choisir pour moi." dis-je agacée par sa mauvaise foi.

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Je bafouillais et il me laissait me démener avec moi-même, le regard fixe sans broncher. Je n'arrivais plus à mettre de l'ordre dans mes idées. Pourtant j'avais tout prévu, visualisé notre rencontre, imaginé nos retrouvailles, mais rien ne se passait comme je l'avais conjecturé. Je perdais mon sang-froid, gagné par la frustration de cette situation.

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"Et vous !" éclatais-je soudain "Je peux vous en dire autant ! Vous vous êtes vite débarrassé de moi avec votre "Vous êtes libre, Jane". C'était bien facile, çà !"

Il se releva d'un bond, vexé que je ne lui reconnaisse pas une conduite magnanime. Il fronça les sourcils avant d'ajouter :

"Toujours la même Jane, incapable d'éprouver de la reconnaissance pour ce que les autres font pour vous. Je vous ai épargnée ! Est-ce si difficile à comprendre ?"

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Il paraissait las, ses épaules étaient basses et sa tête lourde. Les mots semblaient être difficile à prononcer, il continua d'une voix éteinte :

"J'ai également choisi ce que vous vouliez le plus Emma-Jane car au contraire de vous, je sais me montrer attentif à vos désirs."

Il  soupira avec lassitude avant de continuer :

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"Ne me reprochez pas maintenant d'avoir réalisé votre vœu le plus cher : vous avoir débarrassé de moi !"

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Le silence envahit la salle. Nous étions l'un face à l'autre et nos yeux lançaient des éclairs.

"Ce n'était pas mon vœu le plus cher" soupirais-je à mon tour lasse souhaitant mettre fin à la bataille mais manifestement il n'avait pas envie de me croire.

Je respirais bruyamment, le souffle coupé par l'intensité de la conversation. J'essayais de retrouver mon calme, ne pas me laisser aller à une médisance inutile.

"Et pourquoi serais-je là maintenant à votre avis ?" tentais-je d'un ton plus doux. 

Il ne sembla pas céder à mon ton mielleux et préféra rester sur ses gardes. Il glissa sur le sol pour se rapprocher de moi comme pour m'intimider :

"Je ne sais pas, dîtes-le moi. Sans doute pour venir finir votre travail. Pour prendre du bon temps."

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Il me regardait avec un mélange de provocation et d'arrogance. Je rougissais sous son regard ardent et évocateur. Mais je n'arrivais pas à lui répondre blessée par ses insinuations injustes.

"J'ai traversé la moitié du monde pour vous retrouver. N'est-ce pas la preuve que vous vouliez ?" 

Mais il resta impassible.  

"Désolé, Jane. J'en doute."

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Il me tourna le dos pour la énième fois me laissant complètement frustrée par sa remarque. 

"Je suis là pour..." commençais-je maladroitement tentant de captiver une nouvelle fois son attention.

"Pour ?" répétait-il seulement en se décalant un peu vers moi.

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Il était si froid qu'aucun son ne sortit de ma bouche. 

"Petite joueuse." persifla-t'il avec dédain en me faisant de nouveau face. "Vous me décevez, Jane."

Sa proximité enflammait mes sens et j'avais l'impression qu'il en jouait. Je me sentais comme mise sur le grill, constamment sur le qui-vive.

Bien qu'il ne me rendait pas la tâche facile, je prenais mon courage à deux mains pour lui dire d'un trait :

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"Je suis là pour vous." 

Il resta un instant à me dévisager tel un lion observant sa proie puis il bondit sur moi m'attrapant par la taille tout en se collant contre moi :

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"Pour moi ?" commença-t'il d'un ton badin "Tiens quelle surprise."

Il marqua une pause agaçante me tenant toujours serrée contre lui. 

"Vous parlez d'Aydann Crosswood ou du vampire Ânkhtyfy, Jane ? Car vous avez bien compris que votre Aydann Crosswood n'existe plus... bien sûr."

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Je le regardais le visage assombri, les yeux noirs de colère, son étreinte m'empêchait de m'échapper et il s'en réjouissait. 

"Et bien je pense que vous avez tort." laissais-je échapper entre mes dents "Pour moi, Ânkhtyfy et Aydann Crosswood ne font qu'un."

Il eut un instant de silence puis il se plaqua tout conte moi avec indécence.

"Et qu'est-ce qui peut bien vous mettre cette idée-là dans la tête, Jane ?" 

Je tentais encore de m'échapper sans résultat :

"Le fait que vous jouez avec moi comme un chat avec une souris, que vous cherchez toujours à me séduire, à m'embrasser plutôt qu'à penser à vous nourrir. Car là vous avez faim, n'est-ce-pas ?"

Il eut un petit sourire en coin.

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"Mais je suis un vampire, très chère. C'est ma nature que de séduire les femmes, de les faire me céder d'un seul regard, d'une seule caresse, d'un seul baiser, de jouer avec elle, cela aiguise mon appétit. Et vous me donnez très faim, Jane" minaudait-il.

Je maintenais l'intensité de son regard. Et cette fois, je décidais de ne pas me laisser intimider par ses sous-entendus.

"Est-ce de la nature d'un vampire que de vouloir provoquer l'amour ? Parce que c'est ce que vous avez fait avec moi... et il ne me semble que cela n'avait rien à voir avec la nourriture..." continuais-je d'une voix basse presque dans un souffle.

Il ne disait plus rien. Il soutenait à son tour mon regard, silencieusement. 

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"En êtes-vous sûr" me dit-il seulement. 

Je ne voulais pas en rester là. Mon cœur savait que je devais aller au-delà de moi-même pour prétendre à lui faire comprendre ce que je ressentais pour lui et qu'il niait éprouver pour moi.

"Je le sens dans vos yeux quand vous me regardez et je sais que c'est différent..."

Il me contempla avec amusement :

"Vous êtes bien présomptueuse, Jane. Mais c'est ce qui vous caractérise."

Étrangement, il me repoussa et prit de la distance comme si il semblait incapable de se laisser aller à une intimité qu'il ne contrôlait pas.

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Je le regardais avec insistance :

"Pourquoi refusez-vous de l'admettre." le bravais-je pour tenter de le retenir.

Mais je l'avais perdu, il se redressait pour prendre un air taciturne, déterminé et revanchard :

"Je ne veux pas admettre quoi ? Que vous cherchez  à tout prix à avoir raison ? Car Forcément en disant cela vous servez votre cause comme d'habitude. A quoi jouez-vous encore, Jane ? Voulez-vous avoir mon aval pour que vous me redonniez encore cette potion miraculeuse qui vous rendrait votre Aydann Crosswood ? C'est çà ?"

Il était dédaigneux et menaçant.

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"C'est bien tout ce que vous voulez n'est-ce pas Jane. Retrouvez votre bellâtre ?"

Je fronçais les sourcils :

"Vous êtes dur avec vous-même." dis-je soudain "Je n'ai pas besoin de vous donner quoique ce soit pour voir Aydann Crosswood. Je sais qu'il est là en vous. Il a toujours été présent. Vous êtes le seul à ne pas le voir. Pourquoi ? "

Il eut un rire tonitruant et moqueur tout en éludant ma question :

"Cela vous arrangerait bien que je vous dise : vous avez raison, Jane. Vous pourrez ainsi vous pardonner pour vos mauvaises actions, bien sûr ! Un vampire humanisé et une sorcière justicière et tout cela grâce à vous."

Il se rua sur moi plein de colère.

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"Mais ce n'est pas comme cela que je le vois, moi. Désolée, Jane. Vous n'êtes qu'une revancharde petite sorcière qui a passé le plus clair de son temps, 60 ans de sa vie exactement, à ressasser sa haine à mon encontre, à me chasser, à me harceler sans rien vouloir écouter jusqu'à exercer, sans pitié, sa vengeance selon son propre jugement et ses propres règles."

J'étais de nouveau saisi par sa rage et son ressentiment. Il ne semblait pas en avoir fini. 

"Quand vous êtes devenu immortelle, vous avez passé 600 ans à mon service en feignant être mon amie pour finir par me monter l'arnaque la plus inexcusable ! Et vous voulez que moi Ânkhtyfy, je vous fasse confiance ? Non merci, Jane. Autant faire confiance à un serpent, j'aurais plus de chance de m'en sortir indemne !"

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Je le regardais surprise mais il ne me laissa pas le temps de réagir.

"Je sais lire en vous, Jane. Car contrairement à vous, je vous ai..." il se racla la gorge comme pour éviter de prononcer un mot qu'il aurait pu regretter.

"Je vous ai... observé pendant 600 ans. Et la seule chose qu'il ressort de cela, c'est que vous êtes une menteuse rancunière et acharnée.... Alors, excusez-moi mais j'ai dû mal à croire que vous ne mijotiez pas encore quelque chose."

Il fonça sur moi terrifiant.

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"Je vous aime" lançais-je soudain m'étonnant moi-même me moquant de ce qu'il pensait de moi.

Il ouvrit les yeux après une longue minute d'un silence pesant.

"Ah bon. Étonnant, cela. J'aurai pensé que vous n'aimiez que vous, Jane Steward."

"Ce n'est pas juste. Vous ne pouvez pas me dire cela."

"Et pourquoi pas, Jane. C'est une constatation. C'est tout."

Il eut un geste abattu.

Je baissais la tête sous la nouvelle pique qu'il venait de me lancer incapable de dire quoique ce soit.

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"Soit vous m'aimez." commença-t'il avec lassitude "Si vous voulez." Il semblait las et peu convaincu.

Puis il ajouta d'un ton morne :

"Mais pour ma part, je n'ai plus rien d'humain, Jane, même si j'ai su faire un enfant avec vous ou si j'ai cru vous montré avoir du plaisir en votre compagnie. Je suis un vampire. Je serais et resterais un vampire et pour l'éternité ! Rien ne me fera redevenir l'homme que j'étais. Il est mort depuis longtemps. Quant à ma nature, elle me pousse à vivre d'une manière différente de la vôtre. J'ai l'impression que vous me demandez d'être ce que je ne peux être : un homme comme tous les autres. Si il est une chose qui n'est pas morte en moi c'est mon désir d'intégrité. Je suis désolée, Jane mais vous devez le comprendre. Il ne me reste que cela. Je souhaite continuer à être l'égal de moi-même, avec tous mes défauts puisque j'en ai comme le commun des mortels, et je regrette si cela vous déplaît mais je ne souhaite pas changer même pour vous, Jane. Restez aussi telle que vous êtes : libre, obstinée et fidèle à vos passions."

J'étais lasse de sa résignation, lasse de devoir lui dire ce que j'éprouvais pour lui et voir que rien ne pouvait le contenter.  

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"Mais je ne veux pas vous changer..." bégayais-je. "Cela m'importe que vous restiez le même, tel que vous êtes, c'est cela que je suis venu vous dire."

Il regardait le sol, le regard sombre.

"Je pense que vous n'êtes pas encore vous-même, Jane." soupira-t'il d'une voix basse. "Vous n'êtes encore que l'ombre de vous-même, et je ne sais pas pourquoi. Qu'est-ce qui vous manque à chaque fois. Il faut toujours que vous oubliez quelque chose dans vos potions. Ce n'est pas comme cela que j'arriverais à vous faire comprendre ce que je veux vous dire..."

Il me regarda étrangement :

"600 ans, Jane... Et à chaque fois, vous vous arrangez pour tout oublier." 

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Il soupira :

"Laissez-moi de nouveau être votre mémoire, Jane, puisque définitivement, je ne vous sers qu'à cela."

Il prit une profonde respiration avant de commencer :

"La potion de dédoublement de personnalité qu'Emma a utilisé sur elle vous a scindée en deux personnes, elle-même et une copie d'elle, vous."

Je fronçais les sourcils prête à réagir mais il m'en dissuada d'un geste :

"Pour l'instant, pour une raison que j'ignore, il ne me semble pas que vous ayez retrouvé l'intégralité de votre mémoire, Jane. C'est ce qui vous permet d'être encore si conciliante à mon égard. Mais je vous l'assure votre passé vous a toujours rongé et je suis coupable de cela, je le sais. Cela fait 660 ans que c'est ainsi. Jamais je me le pardonnerai. Je me sens si coupable de vous avoir causé ce tort. Mais je ne peux revenir en arrière, ce qui est fait, est fait."

Je secouais la tête me tordant les mains, soudain nerveuse.

"De toutes les façons, même si j'avais la possibilité de changer le cours du temps, de revenir en arrière et de ne pas faire ce que j'ai fait, décimer toute votre famille et votre village, Jane, je ne le ferais pas. Rien que pour conserver l'image de ce que vous êtes pour moi. Même si la haine a rongé votre cœur à mon égard et même si jamais je n'aurai votre amour, je crois que je préfère vous savoir telle que vous êtes, égale à vous-même plutôt que l'ersatz que vous êtes devenu. Et je dois vous l'avouer, j'en suis coupable. J'ai aimé vous savoir mienne à chaque instant ou vous avez été Jane Steward, je me suis délecté de pouvoir vous serrer dans mes bras, de vous tenir contre moi, de vous embrasser, de pouvoir vous faire l'amour. Si Dieu existe, je le remercie de tout cela. Car j'ai été le plus heureux des hommes. Mais je sais que cela ne peut plus durer : mon égoïsme finirait par faire de moi quelqu'un que je ne veux être à aucun prix. Jane Steward n'aura existé que dans mes rêves les plus fous et les manigances d'une vieille femme revancharde..."   

Je restais incapable de dire un mot de plus. Il avait réussi à me clouer le bec.

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Moi ! Une copie d'Emma ! Un ersatz ! Le coup violent qui me porta au cœur sembla soudain mettre la révolution dans ma tête dont les souvenirs semblaient pourtant si bien rangés. 

Je revendiquais mon existence ! J'étais Jane Steward, un être tout différent, crée d'un sort peut-être, mais est-ce que cela devait m'enlever toute légitimité ? C'était impossible ! J'étais la meilleure partie d'Emma, celle qu'elle avait envoyée en sacrifice. Je me sentais différente de la vieille femme aigrie qu'elle avait été et bien loin du combat de sorcière qu'elle avait mené. Oui, elle m'avait cachée qui j'étais mais n'avais-je pas eu alors ma propre identité ? 

J'aimais à penser que mes parents m'attendaient encore dans cette bonne vieille ville de Twinbrook lorsque j'avais cru m'installer sous leurs conseils à Riverview. J'avais été si fière t'intégrer le service scientifique de cette petite ville pour y commencer ma carrière. Si intéressée de suivre leurs habitants et d'y rencontrer Aydann Crosswood, le vampire. Je me souvenais avec quelle passion, j'avais souhaité le combattre pour mettre un terme à ses agissements démoniaques. Et rien n'avait changé dans mon cœur, si ce n'est l'amour que j'avais maintenant pour lui.

J'avais l'impression qu'il s'était écoulé des centaines d'années car tant de choses s'étaient passées depuis mon arrivée à Riverview. Je n'imaginais pas que ma vie puisse être autrement que celle là : moi, Aydann et notre fils.

Je le regardais en silence.

Il s'était couché de nouveau.

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J'aimais voir sa silhouette léviter au-dessus du cercueil. Toute appréhension avait disparu. Était-ce parce que j'avais le secret pour contrôler sa nature ? Était-ce cela qui avait supprimé toute la rage que j'avais en moi de le voir détruit ? Parce que je savais que si il acceptait de se nourrir de mes "plasmas fruits", il serait un individu à part entière, et pourrait s'intégrer parfaitement dans la société sans plus lui nuire.

Sa voix tonna comme un coup de tonnerre qui me fit sursauter.

"Ainsi, c'est cela qui vous amène ici." gronda t-il.

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"Je me disais bien que vous ne pouviez pas venir sans avoir mijoté quelque chose. Vous avez encore trouvé  une solution pour faire de moi ce que vous voulez, Jane. Et dire que j'ai perdu mon temps à vous écouter et à vous parler. Décidément, l'histoire se répète."

J'étais saisie par la surprise. Comment avait-il pu m'entendre ! 

Je voyais bien, vu sa réaction, qu'il se sentait trahie par mes pensées. Et je me sentais impuissante.

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Il se tenait debout devant moi. Cette fois, il avait retrouvé sa superbe et me regardait avec dédain et véhémence.

"Je crois que je devrais vous tuer Jane Steward pour retrouver enfin la paix." dit-il soudain d'une voix extrêmement grave. "Regardez ce que vous êtes devenu ! Un fantôme de vous-même. Au moins quand vous me détestiez, j'avais l'impression d'exister dans votre rage ! Regardez quel ignoble monstre vous êtes ! Je vous avoue mon amour pour vous et vous n'entendez rien, ne voyez rien, ne comprenez rien. C'est inacceptable !"

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Je sursautais. Il venait de me rejoindre en une fraction de seconde et avait saisit ma gorge d'une seule main, comme dans ce rêve que j'avais fait, et où j'étais enfant.

Il me souleva de son seul bras tendu me laissant me balancer au-dessus du sol, la gorge cuisante sous la pression de ses doigts :

"Voilà la solution au problème" répéta-t'il. "Y mettre fin."

"Aydann !" hoquetais-je avec difficulté "Je vous en prie... Lâchez-moi..."

Il desserra un peu ces doigts me permettant de reprendre mon souffle mais il ne me lâcha pas.

"Pourquoi, Jane. Vous ne répétez sans cesse que les mêmes erreurs..." 

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Je gigotais le forçant à me lâcher mais il ne semblait éprouver aucune douleur.

"Qu'avez-vous encore inventé cette fois ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire de plasma fruit ? Une de vos idées géniales pour faire de moi encore votre gentil toutou ?"

Je ne réagissais pas, exclusivement tournée vers ce que je pourrais lui expliquer et au destin que j'entrevoyais pour lui.

"Posez-moi à terre, Aydann. Je vais tout vous expliquer... S'il vous plait."

Il me regardait implacable.

"Pas cette fois, Jane. Je suis désolé. Donnez-moi au moins une seule bonne raison pour le faire."

Ses yeux avaient pris une couleur ardente et ses narines se soulevaient bruyamment comme si l'odeur de mon sang ou l'expectative de pouvoir le boire, enflait sa résistance et sa détermination. 

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"Vous n'auriez pas dû revenir, Jane. Je vous l'ai déjà dit, Ânkhtifi n'a rien à voir avec Aydann Crosswood. Il est comme Emma, méfiant et aigri."

La voix était pénétrante et ferme, c'était la différence que j'avais remarqué en le retrouvant. Il était le sauvage et millénaire vampire qu'Emma avait pourchassé depuis des années. Tandis qu'il resserrait de nouveau ses doigts sur ma gorge, je comprenais à qui j'avais à faire. Comment avais-je pu croire que je pourrais le ramener à la raison par le seul fait de lui dire que je l'aimais. 

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Ma colère enfla et des sentiments que je croyais disparus resurgirent du plus profond de moi, une réminiscence de mon passé qui me frappait en plein visage. 

J'étais bel et bien encore la chasseresse, Emma Jane, la petite fille qu'il avait laissé pour morte dans la neige après avoir massacré froidement toute sa famille.

Mes pieds se démenèrent contre lui, frappant son corps, mes mains se mirent à se lever pour griffer et le meurtrir. Des larmes coulaient de mes yeux et malgré ma gorge tuméfiée, je laissais souffler ma rage. Assassin ! hurlais-je dans ma tête sans répit. Assassin !

Les doigts d'Ânkhtifi se refermaient petit à petit me privant de plus en plus d'air. 

"C'est la seule solution..." l'entendis-je murmurer tandis que ces doigts serraient avec force ma gorge sans la lâcher. "J'aurais dû le faire la première fois, et n'éprouver aucune pitié"

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La terreur commença me gagner, j'osais un dernier effort pour le ruer de coups de poings mais il restait imperturbable.

Mon sang gonflait dans mes tempes et le manque d'air commençait cruellement à annihiler mon énergie. 

La mort était au bout de ses doigts qui ne semblaient pas vouloir relâcher leur étreinte. Le vampire avait choisi une drôle de façon de me faire mourir. Une façon humaine, comme si il cherchait à se débarrasser d'un mauvais rêve. 

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Le passé resurgit dans ma tête à la vitesse lumière, mais je le chassais. Non. Ce qui m'importait le plus c'était lui. Aydann. Si il fallait mourir maintenant, voilà ce que j'avais envie de me rappeler. Lui, ses baisers, ses caresses, sa gentillesse, ses attentions, son sacrifice. Je t'aime, Aydann. Je t'ai toujours aimé. J'ai été si maladroite. Mon projet était si simple, pourtant. Si simple. Et tu n'aurais même pas eu besoin de le suivre puisque je t'aurai offert mon sang. "Aydann. Aydann." égrenait mon souffle sans cesse. Mais je devais divaguer. 

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"Aydann." répétais-je encore inlassablement les yeux noyés dans le vide.

Je ne sais pas combien de temps, je restais là, entre la vie et la mort. Pourquoi ne m'avait-il pas tuée pour mettre un terme définitif à notre combat ? 

Puis ce fut un silence total dans ma tête et je me réveillais en sursaut.

Quelqu'un était là, assis par terre, à quelques mètres de moi adossé contre un haut mur couverts de dessins étranges. Le visage dans les mains. Je ne reconnaissais pas cette silhouette longue masculine presque juvénile ni ses cheveux noirs coupés courts bien que l'allure me semblait étrangement familière. 

Puis tout à coup ma rage enfla envahissant ma tête lorsque je reconnus son visage car maintenant il me dévisageait sans me quitter des yeux.

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Mon passé défila soudain avec rage dans mon cerveau comme si le simple fait de le reconnaître le fit rejaillir d'outre-tombe. Comment avais-je cru être débarrassée d'un si lourd tribu ? Je me réveillais une nouvelle fois comme si cela avait été d'un long sommeil.

Je sentais encore l'odeur de la neige et l'âcreté du sang, j'entendais les râles de ceux qu'ils avaient laissés en vie, la puanteur des cadavres et celle de sa tunique en cuir. Je revoyais ses yeux ardents d'animal qui venaient de tuer et de prendre la vie à chacun des êtres que j'avais si chèrement aimés. 

Mon visage se serra d'un rictus de haine, et mon passé défila encore consciencieusement devant mes yeux, lutte après lutte, sans relâche, sans répit. Mes luttes, mon acharnement, mon combat contre lui, année après année.

Nos yeux s'accrochaient l'un à l'autre. Les siens avaient pris une couleur froide et résolu. Il savait que je venais de retrouver mon identité et, étrangement il en paraissait soulagé.

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Il se leva comme si il portait tout le poids du monde sur ses épaules, et je l'imitais me rapprochant de lui tel un fauve prêt à bondir sur sa proie, épiant et suivant chacun de ses mouvements.

"Ce sera non, Jane." me dit-il soudain alors que nous nous dévisagions comme deux chiens de meute. 

Je ne connaissais pas ce prénom qu'il employait. Est-ce encore une ruse du monstre qu'il était ? La haine noyait mon cœur. Pourquoi ce prénom me mettait-il mal à  l'aise. Inconsciemment, je m'accrochais à mes luttes d'enfant pour survivre à la maladie et à la famine, à ma rage de vaincre contre les autres, tous ceux qui m'avaient rossées pour obtenir de moi ce qu'il voulait jusqu'à ce soit moi qui les frappent à mon tour.

J'avais du accepter les coups pour survivre et pour apprendre à me battre, à lutter jusqu'à ce qu'à mon tour, je puisse être respectée. Mon adolescence défilait cruelle et intransigeante bien loin de la chambre dorée que j'aurai voulu m'imaginer. Le moyen âge n'était pas réellement, la meilleure époque pour vivre que l'on soit un homme ou une femme. Je ressentais chacun des coups sur ma peau, et mes os me faisaient souffrir des nombreuses cassures que j'avais dû endurer. Je ressentais les engelures qui brûlaient mes doigts de mes nombreuses nuits à dormir dehors dans la neige, n'ayant pas de foyer où dormir. La seule volonté qui m'avait poussé à survivre contre le froid, la famine, la maladie, les sévices était là devant moi comme autrefois. 

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Il avait juste changer d'allure, pris une forme avenante, séduisante. Une forme à laquelle je ne devais en aucun cas me laisser fasciner. Peut-être était-ce cette Jane qu'il avait réussi à séduire ?

Je restais assise. Je ne comprenais pas où j'étais. Pourquoi étais-je venu ici sans armes. Où était ma fidèle arbalète et mes rassurants carreaux en fer ? Je ne reconnaissais même pas l'endroit où je me trouvais : c'était bien loin des douves froides et humides où ils m'avaient enfermées. Quel était ce ridicule sac à dos qui ne contenait rien qu'une carte et une vieille lettre geignarde et cette tenue étrange ?

Il eut un petit rire. Bien sûr, il entendait la moindre de mes pensées, le fourbe.

Je restais sur mes gardes, le vampire cherchait maintenant quelque chose dans les plis de sa drôle de robe.

Je fis un bond en arrière, il exhibait une longue épée qu'il tenait abaissée le long de sa jambe.

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"Tiens. Si tu cherches un arme, en voilà une."

Il fit glisser l'épée au sol d'un seul geste avant de continuer d'une voix neutre :

"Si tu l'as plante bien droit dans le cœur, tu me tueras d'un seul coup. Tu n'auras plus qu'à me trancher la tête ensuite et tu seras débarrassé de moi, comme tu le souhaites."

Je tremblais de tout mon corps, l'invite était tentante. Je me penchais avec précaution pour me saisir de cette arme providentielle incapable de résister. Mais où était le piège ?

"Il n'y en a pas, Jane. C'est tout simple. Et je ne lutterais même pas. Prends cette arme et tue-moi, mets un terme à cette vie dont je ne veux plus."

Je le regardais avec une extrême froideur. Qu'est-ce qui avait donc changé ? Pourquoi son discours n'était plus le même ? Jamais le vampire que je connaissais n'aurait baissé les bras contre moi. Et pourtant, il venait de le dire clairement. Pourquoi cessait-il la lutte ? Pourquoi insistait-il à m'appeler Jane ?

"Mets un terme définitif à mon existence ou à ma conduite inhumaine, Sorcière" haranguait-il dédaigneux. "C'est ta mission. Fais-le !"

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Mes yeux croisèrent les siens et y restaient malgré moi, attachés. Il avait un air résolu et déterminé.

"Va-y, Jane." continuait-il tout en se rapprochant inexorablement de moi. "Fais-le. Tue-moi."

Étrangement, une douce chaleur m'envahit toute entière, un bien-être m'enveloppa de la tête jusqu'aux pieds, un doux feu agréable et ardent auquel les battements de mon cœur répondait. Je secouais la tête pour ne pas y céder. Qu'est-ce qui m'arrivait ?

Je regardais l'épée dont la lame brillait dans mes mains et ses yeux tour à tour.

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"Ne sois pas timide, Jane. Un seul coup dans le cœur suffira."

Sa voix s'était faite étrangement plaintive et douce, comme ses yeux qui semblaient aussi me supplier.

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Mon corps était à proximité du sien et je pouvais sentir son souffle dans mes cheveux. 

"Mon nom n'est pas Jane, Vampire ! Qu'est-ce qui t'arrive, donc ? Un soupçon de regret pour une de tes nombreuses victimes ?"

Je le trouvais le visage extraordinairement paisible, calme et tranquille. Lui dont j'avais vu la haine aussi farouche que la mienne.

"Non, pas une victime, Emma. Une femme que j'ai aimé par dessus tout et dont j'emporte le souvenir avec moi. Fais-ton office, Chasseuse. Abrège mes souffrances."

Je fronçais les sourcils, étonnée par ses propos.

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"Loin de moi, l'idée de te plaire, Vampire." soufflais-je soudain en relevant l'épée contre lui. 

Il éclata de rire mais au moment où j'essayais de me reculer, il referma fermement sa main sur le tranchant de mon épée, et avança la lame sur lui.

Un seul geste maintenant de ma part aurait suffit à plonger la lame dans son cœur. 

Je ne le quittais pas des yeux mais il ne semblait pas vouloir bouger malgré le sang qui coulait de sa main et malgré la souffrance qui se lisait sur ses traits. 

Soudain, je fus assailli par un flux d'images. Sans que je ne puisse faire quoique ce soit l'esprit du vampire prit possession du mien pour m'offrir en accéléré les points essentiels de ma vie.

Il eut un petit air satisfait.

"Je me demandais enfin quand tu allais t'en souvenir. Je vois que comme à ton habitude ta mémoire est sélective. Tu ne gardes ce qui t'intéresse, Jane. Je suis toujours là pour t'aider à recoller les morceaux de ta mémoire défaillante afin que tout soit bien clair dans ton esprit à présent..."

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"Est-ce fini ?" dis-je soudain.

"Oui. C'est fini, Jane. Enfin presque."

La haine avait fait place à une lassitude extrême, j'étais presque sûre que c'était exactement ce que ressentait Ânkhtyfy en ce moment au vue du regard qu'il déposait sur moi.

Il maintenait toujours l'épée contre son coeur et curieusement nous nous étions rapprochés.

"Ce sera non" répéta-t'il encore d'une voix extrêmement douce. 

Je levais les yeux vers lui.

"Pourquoi ?" dis-je

"Tu sais bien pourquoi."

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Mes yeux sondaient les siens.

"Non, je ne sais pas pourquoi" le bravais-je. "Serait-ce seulement une histoire d'orgueil ?"

Il éclata de rire encore.

J'aimais les traits de son visage et le velours de ses yeux, la finesse de ses lèvres, l'aile droite son nez, et ses cheveux noirs.

"Non, ce n'est pas une histoire d'orgueil, Jane. C'est simplement ne pas perdre qui j'ai été, et faire en sorte aussi que toi non plus tu n'oublies pas qui tu as été."

Je ne comprenais pas.

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"Je sais, Jane. Je sais."

Puis soudain, alors que je ne m'attendais pas, il se rapprocha de moi et posa ses lèvres froides sur les miennes pour un baiser doux et léger. 

"Je t'aime, Jane" me dit-il tout contre ma bouche. "Je t'ai aimé dès le premier jour".

Je restais bouche-bée incapable de parler. J'avais vu toute ma vie défiler devant mes yeux, repassant un film étrange où j'avais pris une part active. Je ressentais encore la haine en moi celle qui avait conduit à tous ces rebondissements. 660 ans de vengeance terrée dans mon cœur pour lui et, il se trouvait maintenant devant moi, prêt à mourir et m'avouait qu'il m'aimait.

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Nos yeux se croisèrent longuement. Pourquoi tant de temps ? J'avais même l'impression que mon cœur se mettait à battre plus fort et que le temps se suspendait comme par magie. Quelle magie ? Mon souffle devenait plus court, ma respiration presque haletante. Je ressentais encore son baiser brûlant sur mes lèvres et sa douceur me faisait penser aux promesses alanguissantes que pouvaient être ses mains sur mon corps.

Je sursautais.

Il resserra mon corps fermement contre le sien me ramenant à la réalité. Son regard s'assombrit tout à coup devenant d'un rouge foncé profond et froid. Je frissonnais sous sa détermination.

"C'est fini, Jane" me souffla-t'il encore en avançant sa joue vers la mienne.

Puis soudain, ses doigts glissèrent jusqu'aux miens et d'un coup sec il enfonça  la lame de l'épée dans son cœur. 

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"Aydann !!" hurlais-je "Pourquoi !"

Il avait un sourire sur les lèvres.

"Je vois que tu n'as rien oublié, Jane. Ton cœur sait combien je t'ai aimé. Qu'il en soit ainsi. Prends soin de notre fils."

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Et lentement, il glissa au sol.

"Non." répétais-je abattue. "Je n'ai jamais voulu que cela finisse comme cela. Non."

Des larmes coulaient sur mon visage et mon corps étaient secoués par des soubresauts violents.

"Tu ne peux pas me laisser seule, Aydann, pas après tout cela."

Il souriait paisiblement malgré la douleur qui lui défigurait le visage.

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"Maintenant tu dois terminer ton travail, Jane. Tranches-moi la tête pour mettre un terme définitif à ta vengeance. Les vampires meurent ainsi. Ainsi tu seras libérée de moi et je serais enfin pardonné pour tout le mal que je t'ai fait."

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Je n'arrivais plus à parler tant j'avais de sanglots. Mon cœur était déchiré par son geste. 

"Pourquoi" répétais-je. "Pourquoi"

Il soupira :

"Je viens de te le dire, Jane. Tu seras libre comme cela. Et je serai pardonné."

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Ma vie défila de nouveau devant mes yeux : encore et encore cette vengeance brûlante dans le cœur quoique je fasse, intarissable haine qui enflammait mon corps. 

Étrangement, je me projetais dans le futur, et si, encore, et encore, Emma souhaitait sa vengeance. Trouverait-elle encore dans son passé, une faille pour revenir assouvir sa vindicte envers et contre tout ? 

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"Jane" supplia-t'il. 

Je secouais la tête incapable de le voir souffrir plus, et je lui fit un signe léger couvrant mes lèvres de mon doigt.

Puis avant qu'il ne comprenne mon intention, je brandis l'épée au-dessus de ma tête et je la retournais contre moi. 

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"Jane !" l'entendis-je hurler. "Quelle folie"

Il s'était redressé pour me prendre dans ses bras.

"Pourquoi ?"

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Je le regardais alors que je sentais ma vie s'écouler dans ses doigts.

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"Je t'aime, Aydann. Sauve-moi de ma haine contre toi."

"Quelle folie, Jane !"

"Tu n'as pas le choix" souriais-je."Je ne veux pas te perdre."

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Avant qu'il ne soit trop tard, il entailla mon poignet et y planta ses dents.

L'effet fut presque immédiat. 

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Au moment où la mort venait me saisir à bras le corps, et où je sentis chacun de mes membres se raidir, en même temps, bloquant ma poitrine dans un dernier souffle mortel, une force m'enveloppa toute entière et me souleva du sol.

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Une volée de chauve-souris venues de nulle-part m'environnèrent des pieds à la tête.

J'avais conscience de leurs ailes qui me battaient et me frappaient le corps comme si elles voulaient me débarrasser de tout mon sang.

Implacables, elles me mordaient sans arrêter propulsant tout autour de moi un nuage de mon fluide vital dont mon amant semblaient se repaître et tirer une nouvelle force.

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Puis étonnamment, au moment même où mon cœur cessa de battre, son esprit se souda au mien et tel un joyau de lumière qu'il m'avait dérobé, il le déposa de nouveau dans mon corps pour m'offrir mon deuxième souffle de vie d'immortelle. 

La panique me gagna comme un nouveau-né car ma conscience ne m'avait quitté à aucun moment.

Ma bouche s'ouvrait happant le vide mais je n'avais pas besoin d'air pour respirer. Ma poitrine était dure et elle se bloquait mais aucun rythme régulier ne faisait battre mon cœur, mon corps n'en avait plus besoin.

Un silence profond envahissait tout mon être m'indiquant que plus un seul de mes membres ne me feraient souffrir.

Je m'accrochais à mon amant comme à une bouée ne sachant comme faire. 

Sa voix douce me commanda tendrement d'ouvrir les yeux et de ne pas avoir peur.

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Il contemplait mon visage avec amour.

"Aydann."murmurais-je. 

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"Jane" me répliquait-il avec tendresse avant de plaquer délicatement sa bouche sur la mienne pour un long baiser.

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"Te voilà, Immortelle, mon Amour." me dit-il en me gardant serrée contre lui. "J’espère que tu ne le regretteras pas..."

Je percevais de l'inquiétude sur son visage

"Je ne regretterais rien de ce qui me permettra d'être avec toi, Aydann." murmurais-je restant serrée contre lui.

Il souriait et j'adorais ce sourire, et la tendresse que je lisais dans son regard.

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"Me pardonneras-tu, Ma Chérie. Pour tout le mal que je t'ai fait ?" 

Je serrais ses mains qu'il venait de me tendre avec force plantant mon regard dans le sien.

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"Je comprend ta nature, Aydann. C'est mon pardon." dis-je doucement en caressant sa joue.

Je baissais soudain la tête, à mon tour, inquiète.

"Qu'y-a-t'il ?" me demanda -t'il en effleurant mes lèvres d'un baiser.

"M'aideras-tu à contrôler la mienne, Aydann ? Je ne suis pas devenue Vampire pour..."

Il posa un doigt sur mes lèvres stoppant mes paroles :

"Je sais, Jane. Ne t'inquiète pas. Parle-moi maintenant de ton idée. Ces plasmas fruits..."

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Je le regardais avec surprise. Mais oui ! J'avais déjà oublié ! 

"Oh, Aydann. C'est une révolution ! Ce fruit permettra aux nôtres de vivre comme tout le monde sans plus jamais avoir à se cacher."

Il me regardait avec un sourire affectueux :

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"Les Nôtres, Jane. Je suis fier de toi. Si jeune vampire, et déjà si impliquée pour nous, tous."

Je me collais contre lui :

"Oui. j'ai tellement hâte... mais par quoi commencer ?"

Il eut un petit rire affectueux.

"Il faut prévenir les nôtres, déjà. J'ai plusieurs amis qui se chargeront de répandre la nouvelle."

Je m'écartais légèrement sans me rendre compte que j'avais fait plus de deux mètres en arrière. 

J'avais déjà rassemblé mes affaires sans me rendre compte prise par la vitesse de mes pensées associées à ma nouvelle capacité de déplacement.

"Allons-y Aydann, nous avons tant de choses à faire."

J'étais déjà prés de la porte quand il me rejoint avec amusement.

"Jane... Jane." tenta t'il.

J'étais surprise qu'il me retienne. 

"Le soleil se lève, ma Chérie. Tu es un vampire, maintenant, tu dois restée bien tranquille ici en attendant que le soir tombe."

Il se mit à rire de ma mine déconfite.

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"Attendre! Attendre !" commençais-je à dire en haussant le ton. "Mais ce n'est pas possible..."

Il me saisit le bras avec plus de force, et m'attira à lui :

"Jane, il va falloir apprendre la tempérance, ma chérie. Car l'une des qualités essentielles d"un vampire est de savoir attendre, sans quoi, tu ne vivras pas longtemps..."

Il se pencha sur moi et toucha ma joue avec ses lèvres.

"Nous pouvons rattraper le temps perdu, Jane. J'ai tellement hâte de..." commença-t'il en plongeant sa tête dans mes cheveux.

Le désir me submergea comme une vague ardente. 

"Oui. Voilà notre nuit à nous." 

"Oui, Jane. Demain. Nous irons prendre contact avec mes amis et nous rassemblerons tout ceux qui voudront bien t'écouter."

Je l'embrassais avec passion répondant à son propre baiser.

"Oui, Aydann. Nous avons une semaine pour le faire, ensuite j'informerais le monde entier de cette nouvelle découverte. D'ici six mois, un an peut-être moins, nous pourrons être acceptés parmi les hommes et vivre normalement !"

Il dégrafa mon bustier tandis que je faisais glisser sa djellaba à terre. 

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"Je suis sûre que je pourrais créer quelque chose qui nous permettent à tous de pouvoir sortir le jour !" commençais-je tandis que mon esprit commençait déjà à associer des formules de plantes entre elles.

Je me fondis contre son torse nu tandis qu'il saisissait ma taille me plaquant contre lui.

"Il y a tant de choses à faire ! J'ai tant d'idées. Cela fusionne dans ma tête comme des feux d'artifice..."

Il posa ses lèvres sur les miennes, me souleva dans ses bras, et nous fit glisser vers le cercueil de marbre.

"Tu auras toute l'éternité, Mon Amour..." me dit-il. "Et je ne doute pas que tu vas réussir..."

Il déposa un baiser sur ma bouche tandis qu'il me souleva pour me déposer sur le lit de marbre.

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"Mais avant..."

Il planta son regard ardent dans le mien tandis que je sentais son corps se presser contre le mien et sa main se refermer sur la mienne en guise d'union.

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"Je veux savourer toutes les heures de cette nuit avec toi... et ne pas manquer une seule seconde..."

Je rougis jusqu'aux oreilles mais je blotissais contre lui cherchant son contact. Nos sens en éveil ravivèrent notre passion mutuelle.

Je sentais le bonheur comme une tempête tumultueuse m'envahir mais je n'avais pas envie de retenir cette vague de satisfaction qui bouillonnait en moi. Il était la raison pour laquelle j'étais heureuse et je comptais bien lui prouver. Et moi aussi maintenant, j'avais toute l'éternité.

 

FIN


Commentaires

    A tous les Amoureux

    Je dédie cette histoire à tous les amoureux. Bonne Saint-Valentin 2014. L'amour est un trésor précieux qu'il faut savoir garder.

    Posté par janesteward, 14 février 2014 à 17:19
  • Ouah!!!!! ♥

    Agréablement surprise ♥ ! et en même temps.. si triste, car c'est la fin ! Bien sur ce n'est pas par ce que c'est la fin que je vais me contenter de ne le lire qu'une fois, mais en même temps je ne cache pas que enfin.. Là j'avais une raison d'attendre et de vérifier tous les jours pour voir si il y avais la suite et maintenant je n'ai plus d'objectifs Ouiiin ! ( à moin que tu es une prochaine idée ? ) ça a été de très bon moments à te lire, J'ai ressentis beaucoup d'émotions pour cette histoire - dans cette histoire, J'ai dévorer chaque parties (♥) Tu ma conquise ! Moi la fille qui faisait des recherches sur internet qui n'aboutissais pas forcément à des histoires qui me plaisent, au point d'en dire que je suis capricieuse. Tu as été la seule à me donner cette envie de " suivre " C'est un très bel atout, J'espère sincèrement que tu projette d'autres histoires, Je suis vraiment fanatique de ton imagination, Tu as quelque chose à toi de très particulier, J'aime ta façon d'écrire, de raconter.. Il y a pas à dire, cette histoire est une réussite, Un très bel effort une volonté de ne pas abandonner, Je t'ai fais confiance et je ne suis pas du tout déçue ♥ Merci Beaucoup pour tout ce temps passé à écrire cette superbe histoire ♥ [ Ps: Si Tu projette une nouvelle histoire, et change de blog (imaginons) Ajoute le lien sur ce site en nouveau post, je passerai de temps en temps et suivrai avec un grand plaisir ^^ ]

    Posté par Chaton, 25 février 2014 à 19:46
  • Merci beaucoup pour ton message qui me va encore droit au coeur. Je suis ravie que tu es appréciée cette histoire et ressentie la passion que j'y ai mis. Je ne te cache pas que c'est grâce à tes encouragements que j'ai pu finir cette histoire : merci à toi de ta fidélité à mon égard et de tes mots encourageants pour... continuer. Oui, j'ai un projet en effet et, je suis presque sûre que cela va te plaire. C'est ici que je le publierais, il faut juste m'y mettre !!! La chose la plus précieuse pour quelqu'un qui écrit c'est d'être lu, merci mille fois pour cela. Ta présence est somme toute un bon moteur pour continuer ! A très bientôt !

    Posté par Jane Steward, 28 février 2014 à 10:41
  • Jane Steward+Aydann

    Je viens de lire le journal de Jane Steward et Aydann.
    J'ai adoré cette histoire qui change des histoires de sims habituels !
    Un grand merci pour ce beau récit plein de rebondissements.

    Posté par Lily/pinssophie, 08 septembre 2017 à 10:12
  • Merci beaucoup pour ton message. Cela me touche beaucoup. Je suis ravie d'avoir pu te divertir avec cette histoire.

    Posté par Jane Steward, 22 octobre 2017 à 22:02

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